Ensemble, c'est tout

Publié le par Rémi

Quatre jours loin l'un de l'autre, ce n'est pas énorme. Mais à deux semaines du terme, ça a son importance. Au départ, il était convenu que je rejoigne Gabrielle à Marseille lundi matin, après avoir laissé les enfants sous la responsabilité de ma belle-mère arrivée la veille. Mais les contractions de ma douce, surtout le soir, m'ont poussé à avancer mon départ de douze heures.

Vers 18 heures, je décide de lever le camp. Je me rends compte que j'appréhende ce moment de séparation bien plus que lorsque je suis parti pour 15 jours, trois semaines plus tôt. Cette fois, je quitte Nils, Ulysse, Rémy et Florient pour une période indéterminée, mais ce n'est pas cela qui pèse le plus dans la balance. La différence réside sans doute dans le fait qu'ils n'ont déjà plus leur mère à leurs côtés. Avec mon départ, ils se retrouvent donc sans aucun de leurs parents. Les deux aînés n'ont pas l'air de s'inquiéter, tout juste m'ont-ils demandé quelques jours plus tôt si je savais quand nous serions de retour. Il est vrai qu'à leurs âges, la plupart des jeunes ne détestent pas prendre un peu de distance avec leurs parents... Et même si mon départ correspond avec la reprise des cours, j'ai l'impression qu'ils s'apprêtent à vivre cette période comme des vacances.

Les jumeaux ont, eux aussi, très bien compris la situation. Et leur réaction n'est pas la même que celle de leurs grands frères. Chacun à leur manière, ils manifestent leur désapprobation. Nils reste très calme, plongé dans son coloriage. Et quand je lui propose qu'on se fasse des bisous, il décline gentiment mon offre en me disant : « quand j'aurai fini de colorier... » C'est sa manière à lui de repousser l'échéance. La réaction d'Ulysse est plus directe. Il se jette dans mes bras pour m'embrasser et me serre de toutes ses forces. Mieux, il m'escalade pour se coller encore davantage à moi. Chaque fois que je tente de l'écarter un peu pour lui parler les yeux dans les yeux, il resserre son étreinte. Et quand vient finalement le moment de la séparation, il éclate en sanglots.

Je laisse tout le monde dans le maison et je m'installe au volant la gorge nouée. Au bout de quelques mètres à peine, j'appelle rapidement Gabrielle pour l'informer de mon départ et de ses circonstances. Un petit coup de fil de maman à ses petits s'impose.

Deux heures et demie plus tard, nous nous retrouvons enfin. Gabrielle est visiblement soulagée. Je le suis moi aussi, surtout de constater que ma présence à ses côtés est source de réconfort et de sérénité.

Nous sommes désormais réunis à Marseille, à proximité des deux structures qui acceptent le principe de l'AVA2C. Nous avons mis toutes les chances de notre côtés et notre puce a eu le bon goût d'attendre que ses parents soient réunis pour venir au monde. Il nous reste encore quelques rendez-vous en début de semaine prochaine, nous les aborderons avec tranquillité et assurance, sachant que nous sommes désormais prêts à accueillir ensemble notre enfant.

Reste tout de même une pointe d'amertume. Impossible pour nous de ne pas regretter l'absence de nos enfants. Devoir se séparer des grands pour accueillir la petite n'a rien de naturel, bien au contraire. Quel dommage de ne pas pouvoir leur faire vivre, d'une façon ou d'une autre, la naissance de leur sœur ! Une naissance est un événement important dans la vie d'une famille. Il y a bien souvent un avant et un après. Nous ne serons que deux à pouvoir sentir le passage de l'un à l'autre.

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