La grossesse, une question d'équilibres

Publié le par Gabrielle

Du plan de réforme de la périnatalité 2005-2007, qui prévoyait entre autres la mise aux normes des maternités, l'embauche de personnel et la création de maisons de naissance, il ne reste pas grand chose si ce n'est l'entretien du quatrième mois. Nous, femmes, futures mères, avions demandé à être prises en considération, à être écoutées, et on nous a envoyé voir un psy !

L'entretien se déroule en réalité avec une sage-femme. Il doit permettre d'aborder avec la future mère certains points tels que les évolutions de son corps, son environnement professionnel mais aussi affectif. Il va sans dire que cet entretien apporte bien peu, si ce n'est une surcharge de travail pour les sages-femmes, ainsi qu'un déplacement supplémentaire pour la future mère et son conjoint.

Pour nous, ça s'est organisé assez vite. Suite au rendez-vous avec le Dr G. début janvier, celle-ci nous avait demandé de rencontrer une sage-femme de Briançon afin de faire connaissance... mais il nous fallait stipuler qu'il s'agissait de la visite du quatrième mois. Je lui avais fait remarquer que pour ce qui était du quatrième mois, j'étais un peu en retard. Mais ce n'était pas grave, nous avait-elle répondu ! Je l'avais pourtant lu dans le carnet de suivi de la grossesse, mais je ne me souvenais pas de la teneur de ce fameux rendez-vous.

Et que s'est-il passé ? Que s'est-il dit ?

Honnêtement, pas grand chose. Seuls points positifs de cette rencontre, nous avons enfin pu exposer notre projet de naissance et en discuter avec un sage-homme. Lui nous a expliqué le réel fonctionnement du service, des obstétriciens et a même pris le temps nécessaire pour nous faire visiter les chambres et une salle d'accouchement. Mais si je m'étais souvenue qu'un des objectifs de ce rendez-vous était de vérifier la stabilité de mon psychisme, peut-être aurais-je abordé avec lui le détail de mon dossier... Quoi de plus déstabilisant en effet que de se rendre compte que, par la maladresse d'un obstétricien, on doit faire le deuil d'un enfant...

Décédé ! Mon deuxième garçon était inscrit comme décédé. Pourtant elle m'avait bien demandé comment il se portait à ce jour, lui qui à la naissance pesait presque cinq kilos. Elle n'avait eu de cesse de nous le répéter, elle n'était pas douée avec un clavier... Mais de là à nous supprimer un enfant !

Le prochain plan périnatalité inclura peut-être quelques modules de formation aux nouvelles technologies pour "nos vieux médecins". Je l'admet, c'est loin d'être la priorité; mais cela évitera peut-être qu'une femme enceinte voit un de ses enfants passer de vie à trépas en l'espace d'un clic. Comme prémisses à l'instauration d'un rapport de confiance, il y a mieux.
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